Cette exposition présente une collection particulière d’exception qui comprend plus de quatre-vingt-dix estampes et affiches, couvrant presque toute la période de la production lithographique de Toulouse-Lautrec, de 1891 – année de sa première lithographie – à 1899 (quelques lithographies ont aussi été produites en 1900). Parmi les œuvres exposées figurent des épreuves d’essai qui n’ont jamais été publiées, dont des tirages uniques et des estampes très rares. Presque toutes ses estampes et affiches les plus célèbres sont représentées, ainsi que quatre œuvres exécutées par deux artistes qui lui sont proches : Théophile Alexandre Steinlen et Louis Anquetin.

Pour le dessinateur brillant et compulsif qu’est Toulouse-Lautrec, la lithographie constitue un choix naturel. Il monte à Paris en 1882 et étudie auprès des artistes académiques Léon Bonnat et Fernand Cormon. C’est dans l’atelier de ce dernier qu’il fait la connaissance de Vincent van Gogh et de Louis Anquetin. Même si Toulouse-Lautrec ne fait partie d’aucun mouvement artistique, son œuvre témoigne de son admiration pour Degas et Daumier. Il est aussi sensible à l’art des Nabis, un groupe d’avant-garde influencé par Gauguin, et se lie d’amitié avec Pierre Bonnard et Édouard Vuillard.

Toulouse-Lautrec est un fin observateur des motivations psychologiques aussi bien des acteurs que des spectateurs du milieu du théâtre, des cabarets, du cirque, du demi-monde, des bordels et de leurs habitués à Montmartre, où il établit son atelier. Il exprime leur personnalité profonde en imitant et en exagérant leurs expressions et leur langage corporel. Comme maints artistes modernes à Paris en cette fin de XIXe siècle, Toulouse-Lautrec est attiré par les estampes japonaises, dont les aplats de couleur, les grimaces exagérées des acteurs et les compositions formalisées et fortement théâtrales produisent les effets qu’il cherche à représenter dans la société parisienne, parfois débauchée, dont il trace le portrait. La lithographie en couleurs, qui complète à merveille son talent de dessinateur et de caricaturiste, lui permet de réaliser pour la postérité la peinture des caractères de la société qu’il fréquente.

 

The exhibition presents a magisterial private collection, a selection of over ninety of Toulouse-Lautrec’s prints and posters from nearly the entire period of his lithographic career, from 1891 – the year of his first lithograph – to 1899 (the artist produced a few lithographs in 1900). Special features of this exhibition are never-before-published trial proofs, including unique impressions and highly rare prints. Nearly all of the most celebrated prints and posters by Toulouse-Lautrec are represented, as well as four closely related works by two of his close associates: Théophile Alexandre Steinlen and Louis Anquetin.

Toulouse-Lautrec was a brilliant and obsessive draftsman, so lithography was a natural choice for him. Moving to Paris in 1882, he studied with the academic artists Léon Bonnat and Fernand Cormon, meeting both Vincent van Gogh and Louis Anquetin at the latter’s studio. Although Toulouse-Lautrec was independent of any particular artistic movement, his work reflects his appreciation of Degas and Daumier. He was also sensitive to the art of the Gauguin-influenced avant-garde group known as the Nabis and was a friend of the young Pierre Bonnard and Édouard Vuillard.

Above all, Toulouse-Lautrec was a keen observer of the psychological motives underlying the activities of both the players and observers in the theatre world, cabarets, circuses, the demimonde, brothels and their habitués in Montmartre, where he set up his studio. He conveyed their true character by mimicking and exaggerating their facial expressions and body language. Like many modern artists in Paris in the latter century, Toulouse-Lautrec was also drawn to Japanese prints, in which the flat fields of colour, the actors’ exaggerated grimaces, and the formalized, powerfully theatrical compositions captured the effects he sought to convey in the at times vice-ridden Parisian social world he was depicting. Through colour lithography, which perfectly complemented his strengths as a draftsman and caricaturist, the artist would achieve that society’s enduring characterization.

 

Share This

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *